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Droits de l’homme au Tibet

Des villageois tibétains en détention, interrogés sur des fuites concernant le forage de nouvelles mines.

De source tibétaine, plus d’une trentaine de villageois tibétains opposés au forage de nouvelles mines aux alentours d’une montagne sacrée ont été emmenés en prison afin d’être questionnés par la police après que, le mois dernier, des informations à ce sujet soient parvenues à des médias étrangers Cette montagne du nom de Sebtra Dzagen située dans le comté de Driru, préfecture de Nagchu, Région Autonome du Tibet, est un lieu de pèlerinage ainsi que l’habitat d’un grand nombre d’animaux rares, sujet abordé antérieurement dans des rapports par Radio Free Asia.

Quand, en Février, les officiels chinois ont forcé les villageois locaux à signer un papier afin de prouver qu’ils acceptaient le processus de forage, le chef d’un autre village nommé Karma a refusé de signer suite à quoi, il a été emmené en prison et ce sont donc des travailleurs chinois qui ont pris la place des villageois et commencé le forage le 5 Mars . Ils ont placé tout autour de cet emplacement des drapeaux rouges afin de délimiter l’espace destiné à la construction du camp des mineurs.

Puis, après que des articles de presse opposés à ce forage soient apparus dans la presse étrangère, la police de Driru a lancé une vague d’arrestations (Radio Free Asia de Lhassa citant des contacts à Driru).

« Le projet de forage dans la montagne de Sebtra Dzagen a été publié dans des médias étrangers suite à quoi, la police chinoise a lancé une vague d’arrestations parmi les villageois accusés d’en être responsables » (RFA sous couvert d’anonymat.) La plupart des détenus ont été frappés, les officiels se focalisant sur les Tibétains ayant des rapports avec d’autres Tibétains vivants en Inde.

« Une censure stricte a été imposée sur les téléphones portables ainsi que sur toutes autres formes de communication dans la région de Sebtra Dzagen afin d’éviter toute fuite en provenance de la région et en direction de l’étranger. » La localisation de Karma, le chef du village qui avait refusé de signer, reste à ce jour inconnue.

Les experts disent que le Tibet est devenu une importante source de minerais qui contribue à l’évolution de la Chine mais ces opérations minières au Tibet engendrent des dommages environnementaux incluant la pollution des sources dont se servent les animaux et les hommes et détruisent des sites sacrés.

Les autorités chinoises détiennent deux moines Tibétains accusés de partage d’informations illégales dans les médias sociaux.

Cette semaine, depuis Lundi, les autorités chinoises détiennent deux moines du monastère Tsang à Ba Dzong ou Gepasumdo (Chi :Tongde) comté de Tsolho (ch :Hainan)Préfecture autonome du Tibet, dans la province de Qinghai, accusés d’avoir posté des photos et des articles sensibles sur la messagerie WeChat chinoise.

Les officiels du Bureau de la sécurité publique du comté ont arrêté arbitrairement le 16 Avril Woechung Gyatso et un autre moine qui n’a pas été identifié, ils viennent tous les deux du Monastère de Tsang Dhondup Rabten Ling. Woechung Gyatso est toujours en détention sans aucune information quant au lieu de sa détention tandis que l’autre moine aurait été libéré après une séance sévère d’interrogation. Woexhung Gyatso est né au village de Dechen à Yugan ( Ch :Henan) dans la Région Autonome de Mongolie.

Les deux moines ont été détenus après qu’une opération de cyber sécurité ait été organisée dans le monastère par les autorités chinoises. Cette opération s’est déroulée en Mars sous la dénomination de programme d’ « Education légale »durant lequel tous les moines ont été informés des instructions concernant l’implantation d’une nouvelle loi de cyber sécurité qui si elle n’était pas respectée, entrainerait de graves conséquences pour les contrevenants. Cette opération a été doublée d’une investigation qui a mené de nombreux moines incluant Woechung Gyatso à la rédaction forcée de lettres confessant la diffusion et le partage de contenus illégaux. Une photo de Woechung Gyatso participant à l’opération a été diffusée sur le WeChat utilisé par le TCHRD.

Des sources en provenance du TCHRD ont dit que WG était probablement détenu pour avoir posté sur WeChat des photos et des articles rendus illégaux dans le cadre des lois chinoises spécifiquement par celles concernant la loi sur la Cyber Sécurité qui sont entrées en vigueur en Juin 2017. Les autorités chinoises ont également émis des directives locales sur l’utilisation d’Internet concernant la censure dans d’autres régions du Tibet. La loi sur la Cyber Sécurité bafoue les droits individuels d’expression, d’opinion et d’information. Utilisant des charges vagues et de spectre large tels que « fuite de secrets d’Etat » et « incitation au séparatisme », les Tibétains sont soumis à des arrestations arbitraires, à la détention ainsi qu’à la torture dans l’exercice normal de leur droit à la liberté d’expression sur Internet.

Lors du soulèvement de 2008 au Tibet, plus de 500 moines du Monastère de Tsang ont hissé un drapeau tibétain sur le toit du Monastère. Ils ont également manifesté pacifiquement en portant des photos de Sa Sainteté le Dalaï Lama. En Avril de cette année, un moine du nom de Choktrin Gyatso a été libéré après un séjour de 10 ans en prison. Choktrin Gyatso ainsi que deux de ses collègues avaient été emprisonnés après avoir participé à la manifestation de 2008 au Monastère de Tsang.

Des terres d’exploitations agricoles saisies dans le but de construire un nouvel aéroport.

Les autorités chinoises ont fait saisir des terrains agricoles appartenant à des fermiers tibétains pour construire un nouvel aéroport dans le Sud du Tibet, elles déplacent les villageois tibétains et offrent des sommes dérisoires sans aucun rapport avec le prix réel de la terre. (Information en provenance d’un habitant de la région).

Cette terre appartenant au village de Yushang dans la municipalité de Chusha, située dans la préfecture de Shigatsé, comté de Lhatse, a été ciblée dans un plan annoncé en Janvier par des officiels de cette préfecture ainsi que dans celle de la Région Autonome du Tibet. (Rapport d’une source à Radio Free Asia, département tibétain.) « Pour les Tibétains de Chusha, le travail de la terre a été leur principale source de revenus et ce, depuis de longues années, la tradition veut que ces terres soient transmises par héritage, la perte de telle superficie de terres pour des projets de développement chinois a un impact extrêmement négatif sur la vie de tous les jours des habitants du lieu. » « Maintenant, les autorités chinoise envisagent de bâtir un aéroport sur ces terrains et les locaux reçoivent des compensations à des taux très inférieurs à leur valeur réelle. » « Ces projets chinois concernant de larges terrains aux alentours du comté de Lhatse étaient en préparation depuis plus d’une dizaine d’années avec la construction de nouveaux immeubles. »

« Mais ce projet concerne maintenant la construction d’un aéroport ainsi que de lignes ferroviaires ce qui constituera un pôle d’activités dédié aux touristes et à leur transport et qui leur permettra d’aller dans toutes les directions. »

D’après un chercheur de l’Institut de politique tibétaine basé à Dharamsala, (TPI)Les projets chinois de construction d’aéroport ainsi que d’autres projets de développement n’ont eu aucun impact positif quant à la pauvreté des Tibétains mais a, par contre, servi à consolider l’implantation des Chinois sur le plateau tibétain, « Les tibétains propriétaires des terrains n’en tirent que des profits minimaux « d’après le chercheur du TIP, Rinzin Dorjee dans un article écrit en 2016 « La construction d’infrastructures pour le transport et le logement au Tibet ».

« En fait, la construction de ces infrastructures est faite unilatéralement, sans consultation d’aucune sorte concernant les Tibétains ».

Un moine tibétain libéré après une détention de 10 jours et relâché après interrogatoire.

Les fonctionnaires de la sécurité chinoise ont relâché aujourd’hui un moine tibétain gardé au secret pendant 10 jours lors desquels il a été interrogé puis autorisé à retourner dans son monastère de la province de Gantsu. (Information de source tibétaine.)

Jinpa Gyatso, un moine du monastère de Labrang dans le comté de Gansu’s Sangchu (ch :Xiahe) a disparu après qu’il eût été conduit en détention le 27 Mars.(source tibétaine à Radio Free Asia) « Les fonctionnaires de la sécurité d’état chinois l’ont appelé au téléphone, a-t-il dit à un ami, le jour même de sa disparition ». (Source tibétaine sous couvert d’anonymat) « Le monastère était en séance ce jour là, il a donc participé à la prière du matin mais n’a pas réapparu lors de celle de l’Après-midi »

Après sa détention de 10 jours, Gyatso a été relâché sans explication (de source tibétaine le 5 Février RFA)

« Il n’y a aucun signe de torture ou de passage à tabac » (de source tibétaine sous couvert d’anonymat)

Gyatso a aussi été retenu pendant quelques jours pour interrogatoire aux alentours du 10 Mars qui est l’anniversaire du soulèvement des Tibétains en 1959 contre la main mise des Chinois sur le Tibet et lors duquel le leader spirituel du peuple tibétain le Dalaï Lama s’est enfui en exil en Inde. « Ces jours-ci, le gouvernement chinois arrête de plus en plus de Tibétains pour les interroger sous l’accusation d’offense politique mais les restrictions chinoises appliquées à Internet ne permettent pas aux informations de circuler à propos de ces cas précis » Fondé en 1709, Labrang a été pendant très longtemps l’un des plus importants monastères dans la région historique du Nord Est du Tibet, région de l’Amdo, par moment il a hébergé des milliers de moines et a été le lieu des plus importantes manifestations contre la loi chinoise au Tibet lors des larges manifestations de Mars 2008.

Un mois plus tard, les moines de Labrang ont interrompu un circuit organisé par le gouvernement chinois pour des journalistes étrangers et parlé des mauvais traitements infligés au Tibétains et cachés aux reporters.

Au Tibet, la police offre des récompenses en liquide en échange de la dénonciation de tout crime ou conduite déloyale.

D’après une notice officielle récente, les autorités chinoises du comté de Nagchu au Tibet ont promis des récompenses en liquide contre toute information concernant des « activités criminelles » comme la promotion de la culture et de la langue tibétaine ou bien des liens avec le leader spirituel des Tibétains, le Dalaï Lama.

Une copie du document du 13 Mars a été obtenu par le département tibétain de Radio Free Asia et ce document fait référence au gain de 100.000 yuans (us 15.856 Dollars) pour toute information concernant les activités des « gangs criminels », terme générique pour définir toute personne ou organisation à vocation « séparatiste », charge souvent retenue contre tout Tibétain appelant aux droits et à plus de culture ou de liberté religieuse.

Une récompense de 50.000 Yuans est également promise contre toute information à propos de tout jeu d’argent, de trafic de drogues, d’abus de pouvoir religieux et de relations familiales menant à des extensions illégales de propriétés »et qui provoquera une investigation de la police.

La liste fait également état de faute concernant la réunion de fonds, l’activisme environnementale, les prêts à taux élevé, la possession d’arme à feu, de munitions et qui de plus, promet l’anonymat à tout délateur.

Le 3 Avril, les appels de la RFA en direction de la ligne téléphonique dont le numéro était indiqué dans cette liste sont restés sans réponse. Une notice émise par le Bureau de la Sécurité Publique de la Région Autonome du Tibet a circulé en Février visant les monastères bouddhistes soupçonnés « d’utiliser la religion dans le but de contrôler, inciter et contraindre les masse à résister au parti communiste chinois ainsi qu’à son gouvernement. »

La liste en 22 points criminalise également toute personne exhortant à la protection de la culture tibétaine ainsi qu’à l’emploi de la langue tibétaine et qualifiant ces efforts de « réactionnaires et nationalistes » et en mettant en garde contre tous contacts avec le Dalaï Lama ainsi qu’à « toutes forces étrangères hostiles » supposées loyales à ce dernier. Dans les conduites considérées comme illégales est mentionné le soutien à la « Voie du Milieu » du Dalaï Lama en appelant à une plus grande autonomie pour le Tibet tout en acceptant la souveraineté de la Chine sur des territoires tibétains comme faisant déjà parti de la Chine.

Des pèlerins tibétains ont disparu après avoir été interrogés par la police chinoise sur le chemin de Lhassa.

Une Tibétaine d’une soixantaine d’années faisant ce mois ci un pèlerinage en direction de Lhassa a disparu après que la police l’ait arrêtée. (Déclaration du département tibétain de la RFA.)

Lhamo Dolkar a quitté Bora, dans le comté de Gansu’s Sangchu ( ch : Xiahe) à Kanlho (Gannan) dans la région Autonome du Tibet le 28 Mars, en compagnie de personnes de sa famille.

Après une semaine de voyage, le groupe a atteint le comté de Darlag(Dali) dans la province de Golog (Guolo) dans la Région Autonome du Tibet où des agents de la sécurité chinoise en civil ont emmené Lhamo pour l’interroger.

« Depuis lors, sa trace a été perdue, elle a tout simplement disparu » a dit Ngawang Tharpa, membre du gouvernement tibétain en exil basé à Dharamsala en Inde. « Les officiers du bureau de la sécurité ont même menacé les membres de sa famille de graves représailles s’ils rendaient public le cas de Dolkar »a-t-il dit à RFA. Une autre source tibétaine suggère que c’est à cause de la visite rendue à un prisonnier politique dans sa prison il y a 6 ans.

« En 2012, un moine du nom de Sangye Gyatso a organisé une manifestation dans les rues de Bora en appelant au retour de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Après son arrestation par la police et son transfert en prison, Lhamo Dolkar est allée le voir en prison et lui a apporté de la nourriture. Depuis ce temps là, les autorités chinoise ont commencé à la suspecter et à restreindre ses déplacements ».

Le 10 Mars est l’anniversaire du soulèvement national du peuple tibétain contre la main mise de la Chine sur le Tibet durant lequel le Dalaï Lama s’est enfui pour partir en exil en Inde.

« Lhamo Dolkar est une femme tibétaine ordinaire, avec très peu de connaissance politique et d’éducation. » a ajouté la source.

Par Tsultrim



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